Me voilà partie pour une longue migration en Méditerranée et en Mer Rouge, dans le sillage des oiseaux qui me mènera pendant neuf mois jusqu'au Soudan, en passant par le Portugal, la Tunisie, et l'Egypte.
Je n'oublierai pas de faire escales au Liban et en Grèce avant d'atterir en Camargue. Bien sûr, je ne voyage pas seule. Avec moi, treize autres ornithologues en herbe, assoiffés de rencontres et de découvertes, ont embarqué sur les deux voiliers de l'association "la Baleine Blanche". Voici le récit de nos premières observations. Du bleu toujours du bleu
Pour la première fois nous ne voyons plus la terre. La mer d'huile du golfe de Gascogne paraît vide, froide malgré le soleil qui la fait briller. Mais dans le sillage du Salam un point blanc semble se rapprocher. Un fou de Bassan ! J'en ai déjà vu des dizaines mais celui-ci qui vient soudain de rompre la monotonie de la navigation est le premier oiseau marin pour beaucoup d'entres nous. Puffins cendrés, des Baléares et des Anglais en colonies impressionnantes viennent raser les vagues autour des bateaux. Dès le coucher du soleil, ils s'endorment en rangs bien serrés, bercés par la houle.
Au passage du Salam, nous rions de les voir courir maladroitement sur l'eau pour s'envoler.
Une hirondelle ? Non ce n'est pas possible. Mais alors ? Oui, ça y st, j'y suis, le petit oiseau noir aux ailes pointues qui papillonne à tribord, c'est un océanite tempête ! Je feuillette le Lars Jonsson - Guide d'identification des oiseaux d'Europe, d'Afrique du Nord et du Moyen Orient. C'est bien lui. D'ailleurs Sarah commence déjà à le dessiner.
À bord, l'exercice le mieux réussi par l'équipage, d'un point de vue ornithologique, fut de différencier une mouette d'un goéland. Non, ils ne sont pas mariés ! Plus dur fut de retenir leurs noms. La mouette miteuse, enfin rieuse... et le goéland lefoqué, heu non, felouqué... ah non, leucophée...
Enfin, pour l'anecdote : après la pèche au thon, la pêche au fou ! Eh oui, nous avons remonté sur le pont un Fou de Bassan qui avait dû prendre le leurre de notre ligne de pêche pour un poisson. Mais pas de panique, nous avons remis ce maladroit aux yeux bleus en liberté. Il semblait en bonne santé. |
Enfin un peu de verdure !
Dès Lisbonne, Hervé, Ornithologue de la LPO Loire-Atlantique nous a rejoints à bord des bateaux. La ville n'est certainnement pas le meilleur endroit pour l'observation des oiseaux (excepté les moinaux que je n'avais jamais autant détaillés!)
Nous avons donc pris notre mal d'ornithologue fougueux en patience et avons attendu la lagune d'Alvor, à proximité de Portimao, ville située dans le sud du Portugal.
Là, dès notre premier repérage, une surprise nous attendait !
Perché au centre d'un gros rocher calcaire jaillissant de l'eau, au milieu d'une vingtaine de cormorans et de quelques étourneaux unicolores, un faucon pèlerin nous observait de ses yeux perçants !
Avec l'aide d'Hervé, nous avons tous trouvé la molette pour règler les jumelles à notre vue, et nous guettions le faucon jusqu'à son envol. Pour un pélérinage ?
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