©Baleine Blanche

accueilAdhésionParrainsPresse


  Actualité
La Baleine
Expéditions
Publications
Expositions
Nous contacter
 
 
 


30 aout 2003

DÉCOUVERTE

Carnet de voyage de Lucille.

Escale en Libye avant le retour en Bretagne

Le voyage de neuf mois de Lucille Daunay, par le biais de la Baleine Blanche, touche à sa fin. La jeune Merdrignacienne de 15 ans, est d'ailleurs déjà sur le chemin du retour. Son bateau, « lluna » accostera en France, au port de Martigues, (près de Marseille) ce samedi. Du rant une semaine, viendra alors le temps du rangement et du nettoyage du voilier... sans doute aussi le temps de la « décompression », après cette longue aventure riche en événements. Samedi 19 juin, marquera le jour des retrouvailles avec sa famille, lors d'une grande fête en présence de tous les « baleineaux » et leurs parents. En attendant, son retour en Bretagne, Lucille nous fait à nouveau partager ses dernières découvertes. Cette fois nous la retrouvons à Siwa, une oasis dans le désert, à la frontière de la Libye. Là encore les femmes sont voilées. Elles vivent dans un monde bien à elles, loin du regard des hommes, partageant souvent à plusieurs le même mari.

Des palmiers au milieu du désert

Siwa est une oasis qui se trouve au beau milieu du désert li-byque, à la frontière de la Libye. Isolée et interdite d'accès par le gouvernement pendant très longtemps, elle a su garder ses traditions. La plus connue reste celle qui concerne les femmes siwis : après leur mariage, elles portent un grand tissu, appelé fouta, dès qu'elles sortent de chez elles. Elles n'ont pas le droit d'être vues par un homme extérieur à leur maison. Pour ce re portage, nous avons constitué un groupe exclusivement de filles, pour pouvoir nous faire inviter fa cilement dans les foyers de ces femmes.
Dès notre arrivée dans la ville, après 11 heures de bus, je n'ai qu'une seule idée en tête, "Où sont les femmes ?" Mes yeux ba layent la place : des épiceries, boutiques de handicraft sont te nues par des hommes. Des char rettes dirigées par des garçons, moyens de transport très utilisés ici, attendent le long de la route. Shali, la vieille ville en ruines domine le paysage. Je ne vois aucune femme.
Au détour d'une rue, un voile bleu-gris flotte dans la nuit. Dessous, une femme, furtivement, passe une barrière de palmes, qui dissimule une porte. M'a-t-elle re gardée ? Etait-elle belle ? Impos sible à dire.

Polygamie et mariage « entre femmes »

Introduites dans une maison, nous faisons bientôt connaissan ce avec deux mères de famille, qui partagent leur vie avec le même homme. Samia et Fatma ont en effet le même mari, Mam- dour. Elles vivent dans la même maison depuis plus de vingt ans. Vaisselle, pièces et nourriture sé parées, tout est fait pour qu'elle aient une vie indépendante l'une de l'autre. Pourtant, dans leur pe tite maison et avec leurs 15 enfants, les occasions de se croiser sont nombreuses. Mais elles s'entendent bien, s'entraident, s'occupent de tous les enfants in différemment... Toute jalousie entre elles s'est estompée lorsque, il y a deux ans, le mari a décidé de ne vivre qu'avec la plus jeune.

J'ai la chance d'entrer ensuite dans une maison neuve, pleine de musique. C'est un mariage. À droite de la porte, un tas de foulas "les femmes ont le droit de ne pas porter la fouta ici ? Et si des hommes les voient ?" je regarde autour de moi, seulement des femmes. Ici, les mariages se pas sent en deux parties : celle des hommes et celle des femmes, pour que celles-ci puissent rester sans leurs foutas, pour danser par exemple.
Après la « soirée henné » d'hier, toutes les femmes ont de jolis dessins noirs sur les mains et dansent en chantant à tue tête. Une petite de 5 ans esquisse quelques mouvements de hanche, une autre de 20 ans mène le chant, sa mère lance des youyous (cris de femmes fait en remuant la langue), deux femmes âgées discutent, assises dans un coin de la pièce. La fête est l'occasion pour toutes de se retrouver et papoter tranquillement. Demain, la mariée revêtira pour la première fois sa fouta, elle ne sortira plus jamais découverte.

De l'eau pour toujours...

À Siwa, l'eau arrive en abondance par des fissures naturelles. Plusieurs bassins sont dissémi nés dans toute l'oasis.
L'eau potable ne provient pas d'une source naturelle, elle est puisée à 1000 mètres de profon deur par une pompe installée par le Gouvernement. Un camion ci terne se charge ensuite de la redistribuer aux habitants de Siwa. Mamdour, qui se charge de ce travail nous affirme, sûr de lui qu'il y aura toujours de l'eau à Siwa. C'est peut-être pour cela que dans sa maison, le robinet d'eau pour la vaisselle (non potable) coule nuit et jour, sans aucun moyen de l'arrêter...
Mous espérons que vous avez apprécié ces trois reportages pour le moins originaux (voir n° 2593 du 27 décembre 2003 et n°2608 du 10 avril 2004).
Nous remercions Lucille de nous avoir fait partager ses aventures. Nous lui souhaitons un bon retour parmi les siens.
Ce magnifique périple en Egypte et en Libye, à la décou verte d'autres modes de vie, lui laissera sans aucun doute, des souvenirs riches et inoubliables, que nous aurons l'occasion de vous relater lors d'un prochain article bilan...

à suivre...

 

‹‹ revenir à la revue de presse

 © La Baleine Blanche - Tous droits réservés 9, rue des Olivettes - 44000 Nantes  
Tél : 02 40 08 03 63   Fax : 02 40 08 03 73