Lucille reprend le chemin de l'école
Comme la plupart des adolescents de son âge, Lucille Daunay, bientôt 16 ans, reprend le chemin de l'école cette semaine. Seule différence, elle vient de terminer une expédition de neuf mois en Afrique avec l'association « la Baleine Blanche ». La mission principale de la jeune « Baleinette » était de rédiger des articles pour le journal de l'association « les Embruns ». Cet intermède, pour le moins original, a d'ailleurs déjà influencé sa prochaine année scolaire. La jeune fille a en effet décidé de poursuivre l'étude de l'arabe en troisième langue vivante. Cette semaine, elle entame une seconde au lycée Emile Zola de Rennes, seul établissement de Bretagne à proposer cette option. En attendant de s'immerger à nouveau dans les études, elle nous fait partager une dernière fois, son année de reportages et de découvertes, en Egypte et en Libye, au sein de cette fabuleuse « école de la tolérance », qu'est la Baleine...
Durant presque un an, Lucille n'a pas ouvert de livre ni de cahier de classe et pourtant... durant son expédition en Afrique, elle n'a cessé d'écrire et de travailler, avec parfois le stress au rendez-vous ! « Les premiers mois de voyage, sont destinés, comme on nous l'avait dit, à nous mettre dans le bain. Même si chacun pense qu'il n'aura pas besoin de deux mois pour se mettre en conditions, c'est pourtant plus ou moins ce qu'il a fallu » raconte Lucille.
Aller à l'essentiel, seul ...ou en groupe
« L'année est rythmée par les reportages. Sur place, nous devons être attentifs à tout, et plus particulièrement à ce qui a trait avec nos sujets de voyage (les femmes, l'eau, la pêche). Cela devient les sujets les plus importants dans notre tête. En reportage, à chaque instant, on transforme ce que l'on voit en « informations à exploiter ou non pour l'article. Il faut collecter toutes les infos concernant notre sujet, définie notre arrivée, et approfondir, approfondir, approfondir... ; C'est un véritable échec de rentrer de reportage en ayant oublié des choses, mais heureusement, si chacun ne fait pas son travail en entier, c'est un autre baleineau ou Didier le directeur, qui devra compléter, rectifier... ce qui est arrivé fréquemment. Même si on est très impliqué dans le voyage, personne n'est attentif à tout, tout le temps. Certains n'ont parfois plus de motivation, c'est arrivé, mais on repense à ceux restés en France, qui auraient rêvé d'être à notre place, et ça repart, plus ou moins vite ».
Globalement, Lucille constate que ce voyage permet à « certains talents de se révéler ». Certains baleineaux se sont parfois pris de passion pour la photo, la plongée ou la pêche...
Dialogue et tolérance
Durant ces neuf mois de promiscuité et de vie de groupe non stop, Lucille a aussi appris l'importance du dialogue et de la tolérance. « La vie en groupe a été parfois un peu dure à supporter, surtout en mer, où il est bien difficile de s'isoler, mais nous avont surtout appris à compter les uns sur les autres » raconte-t-elle. «Evidemment, il nous arrivait de nous énerver, mais nous étions toujours obligés de nous expliquer avec les personnes concernées, pour ne pas mettre une mauvaise ambiance dans l'équipage». |
Une belle leçon de vie
Lucille n'a pas eu de problème particulier pour s'adapter à sa nouvelle vie. Pourtant, ce voyage soigneusement encadré, laisse aussi une large place à l'improvisation avec les moyens du bord. « Nous nous sommes tous bien adaptés à la vie Egyptienne, à la vie du Caire, incessante, aux petits villages calmes des oasis, à l'accueil des gens et à l'arabe.
J'ai trouvé plutôt facile de comprendre lorsque l'on me parlait, grâce aux gestes surtout - par exemple : « eiz maya? » dit en tendant de l'eau, veut forcément signifier « tu veux de l'eau ? ». Maintenant, je tiens une conversation en arabe et je complète les mots que je ne connais pas par des gestes... à l'Egyptienne ! ».
Lucille, très douée en dessin, a aussi beaucoup communiqué par ce biais. Son art a énormément contribué à favoriser ses échanges avec les Egyptiens, créant un contact plus intime.
Après cette expérience hors du commun, Lucille ne semble pas avoir de problème pour se réadapter à la vie de tous les jours. Pour ses proches, elle est revenue à priori pareille, si ce n'est une bonne dose de tolérance dans les bagages. La jeune Merdrignacienne avoue tout de même s'ennuyer un peu de l'ambiance de l'expédition.
Aujourd'hui, elle attend la rentrée avec impatience pour poursuivre l'apprentissage de l'arabe en passant cette fois à l'écrit... C'est sans doute sa façon de prolonger utilement le flot de souvenirs heureux qu'elle garde au cœur !....
Le travail continue
L'aventure a pris fin mais le travail continue. Aujourd'hui, l'équipe prépare un livre et participe à divers temps forts. A noter déjà : Le salon de la mer au Centre commercial Grand Quartier à Rennes, du 6 au 18 septembre, exposition « Cétacé dit la Baleine » et dédicaces des livres le 15 septembre par d'anciens voyageurs dont Lucille au côté du skipper Yvan Bourgnon.
La Baleine Blanche, 9 rue des Olivettes, 44000 Nantes, tél. 02 40 08 03 63 - www.baleineblanche.com
La relève est assurée
Le Centre Bretagne serait-il un creuset de « baleinettes » ? Il semble en tout cas que la formule fasse des émules parmi les adolescentes du secteur. Après Annabelle de St Gonnery en 2002-2003, et Lucille de Merdrignac en 2003-2004, voici qu'une jeune Plessalienne de 15 ans. Marina Serinet, vient à son tour d'être sélectionnée pour participer à la «20è expédition» de la Baleine Blanche. Dès le mois prochain, elle embarquera à son tour au port de Martigues pour mettre le cap vers l'Egypte, le Soudan et la Syrie. Elle devra réaliser quelques reportages sur le thème de l'eau, des femmes, des anciens, et du naturalisme. Nous lui souhaitons bonne route.
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