Grâce à l'association nantaise la Baleine blanche, seize jeunes voyageurs sont partis sur les chemins des pays d'Orient, il y a deux ans. Aujourd'hui, leur histoire se raconte dans les « Zorientales », leur carnet de voyage .
II devait en être ainsi. Si sa mère lui avait posé cette question le lendemain, peut-être que tout aurait été différent. Peut-être que Mona aurait répondu autre chose. Peut-être qu'elle n'aurait même rien trouvé à dire. Seulement voila, ce jour-là, quand sa maman lui a demandé ce qu'était son rêve, elle a répondu : Partir en voyage avec d'autres jeunes. Probablement qu'elle ne s'attendait pas à ce qu'elle la prenne au mot. C'est pourtant ce qu'elle fit. C'était il y a deux ans, maintenant. Mona, Françoise et Lucie ne se connaissaient pas. Elles étaient séparées par des centaines de kilomètres, avaient entre treize et seize ans. « En général, les jeunes qui, à cet âge-là, décident de partir pour neuf mois et de quitter l'école pour toute une année scolaire s'interrogent sur eux et sur le monde...», souligne Didier Cottet, président de l'association la Baleine blanche. On ne part pas comme ça, sans raison. Mona avait envie de faire quelque chose de pas commun ». Françoise, elle, voulait "rencontrer des gens". Lucie souhaitait juste "voyager", même si elle ne savait pas trop à quoi s'attendre.
« Ce ne fut pas tous les jours facile»
Pendant neuf mois, seize jeunes voyageurs ont pris le large. À bord de deux voiliers, ensemble, ils ont tenu la barre. Jusqu'en Egypte. En passant par la Corse, la Tunisie et la Turquie. Ce ne fut pas tous les jours facile ». Il a fallu vivre l'intimité quelque peu forcée, supporter l'éloignement et subir les caprices du vent. Surtout, il fallait ramener quelque chose de ce grand voyage », de cette grande aventure : « Nous tenions chaque jour un carnet de bord. Et nous avions envie mettre en avant les illustrations. Nous voulions que le carnet de voyage qui allait être publié à notre arrivée soit plus simple que le précédent. Il fallait qu'il soit accessible aux plus jeunes », raconte Didier Cottet. |
Tellement de choses à raconter...
Parce qu'il ne faut pas croire ! Ces neuf mois ne furent pas de tout repos ! Loin de là. « Il fallait faire avancer le bateau. Chacun avait un poste bien défini. Et lorsque l'un d'entre nous se démotivait, tous les autres étaient là pour lui rappeler ses devoirs », se souvient Lucie. Enfin quand même, il y eut de beaux moments. Il y en eut même beaucoup. « C'est difficile à expliquer ». Il y aurait tellement de choses à raconter... Lucie a aimé Le Caire et ses chiffonniers. Françoise n'aurait jamais cru pouvoir parler un jour avec ces femmes voilées peuplant le petit village de Siwa, en Egypte, Quant à Mona, elle a appris qu'il fallait lutter contre les préjugés. Que « ce n'est pas si simple que ça ». Concernant les Pays arabes en tout cas.
À la fin du mois, de nouveaux voyageurs largueront les amarres. Comme les filles, il y a deux ans. Eux aussi auront « un peu peur » sûrement, mais eux aussi reviendront de cette aventure pas tout à fait comme avant. Comme elles, ils auront sûrement un peu grandi. Comme elles, ils auront voyagé. Comme elles, ils auront rencontré des gens et des cultures. Comme elles, ils auront vécu « quelque chose de pas commun ».
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