Quand Marine prend le large...
Marine Dedeken a quatorze ans. Elle s' est élancée samedi pour l'Afrique où elle réalisera une série de reportages pour l'association La Baleine blanche. Au programme, observations naturalistes, confection d'un carnet de bord et rédaction d'un journal bimestriel "les embruns".
« Ma vie, c'est ma liberté. » A cinq ans déjà, Marine Dedeken avait le goût des grands espaces. Dix ans plus tard, la petite fille qui clamait son envie d'ailleurs réalise son rêve. Devant un parterre de journalistes et de nombreux Yerrois, elle présentait mercredi le projet de la Baleine blanche. Pour sa vingtième édition, l'association emmène Marine et vingt camarades à la découverte de lointaines contrées : celles de l'Afrique du Nord. « J'ai rencontré mes camarades lors des sélections du mois d'avril et juillet. Je suis parmi les plus jeunes, mais ça se passe très bien ». Mais pas de malentendu, il ne s'agit pas d'une croisière en Méditerranée. L'expédition aura quatre grands thèmes : les anciens, la condition des femmes, la gestion de l'eau et les observations naturalistes des mieux aquatiques, de la faune de la flore.
En reportage depuis Le Caire
Les jeunes reporters seront encadrés par des spécialistes. Deux skippers, un naturaliste, et quatre animateurs. « Nous serons divisés en sous-groupe. Nous partirons en reportage depuis Le Caire, qui sera notre quartier général en voilier, en bus, en taxi ou à dos d'âne... » annonce Marine. Autre continent, autre mode de vie, autre époque. « Je suis à la fois impatiente et inquiète car c'est la première fois que je m'absente loin des miens. Autre difficulté majeure, le renoncement aux habitudes. Je fais de la natation synchronisée trois fois par semaine et m'en passer pendant neuf mois risque d'être assez difficile. La solution serait de nager avec les dauphins, mais j'ai peu d'espoir... » plaisante Marine. Mais manifestement c'est la joie de larguer les amarres qui l'emporte. |
« Je veux devenir journaliste depuis longtemps déjà. Ma tante m'a parlé au début de l'année de l'association la Baleine blanche, je me suis rendue sur le site et tout s'est accéléré. » Les parents de Marine n'ont alors pas invoqué leur droit de veto. L'aventure africaine est l'occasion de parfaire ses connaissances en matière de photographie, de techniques de reportage. « Marine est une jeune fille déterminée, qui sait ce qu'elle veut et l'empêcher d'exaucer un rêve est tout simplement impossible ! Même pour ses parents. » Une expérience qui demande de multiples sacrifices, dont le premier est financier. 18 000 euros, c'est le coût estimé du départ pour chaque reporter. La moitié à la charge de l'association, l'autre à la charge du participant. « Nous sommes à la recherche de parrains. La municipalité d'Yerres nous a beaucoup aidés, désormais nous avons la Lyonnaise des eaux, mais il faut encore en trouver d'autres » indique la maman de Marine. Le constat est implacable : même les rêves ont un coût. |