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La Provence

15 OCTOBRE 2001 - MARTIGUES

Quinze enfants découvrent le monde

Deux voiliers de l'association " La Baleine Blanche " quittent Carro aujourd'hui pour l'Afrique occidentale. À leurs bords : 15 enfants, " reporters du monde ".

Ils sont quinze, dix filles et cinq garçons, âgés de 13 à 16 ans venus de toute la France. Ils vont quitter aujourd'hui le port de Carro. Ils, ce sont les " baleineaux ", des jeunes qui, à bord de deux voiliers de l'association la Baleine Blanche vont découvrir l'Afrique occidentale et la vie en communauté pendant neuf mois. Il ne s'agit pas pour autant d'un voyage d'agrément : " le projet est celui d'enfants-reporters autour de la terre, explique Richard Carlenc, skipper et responsable de l'expédition avec Didier Cottet, directeur de l'association la Baleine Blanche et intervenant photo. " C'est l'éducation par la mer et le voyage ". C'est ainsi que Séverine se retrouve à bricoler les toilettes, elle qui n'a jamais tenu un tournevis chez elle… " Tout le monde participe à l'entretien du matériel. Chaque jeune a en plus une responsabilité propre : l'intendance, les pleins, les voiles, le moteur, l'accastillage, le pont, l'intérieur, l'annexe, le matériel de plongée… Ce sont des responsabilités individuelles mais qui tournent. Pour éviter également les clans, les équipages dans les bateaux changent tout le temps. "
L'association a été créée en 1983 et organise des expéditions maritimes.

L'Afrique occidentale

L'an dernier, déjà, deux voiliers de l'association avaient accosté à Martigues, à côté de la mairie, afin de préparer leur périple jusqu'au " Banc d'Argent ", au nord de la République dominicaine où les enfants avaient observé la reproduction et l'hivernage des baleines à bosse, via la Gambie.
Cette année, la Gambie est également au programme car ces jeunes vont découvrir ce pays, ainsi que le Maroc, la Mauritanie, le Cap Vert et la Tunisie sous l'angle de la vie des femmes. " Nous devions partir en mer Rouge mais vu les événements nous avons dû changer d'itinéraire ", explique Richard Carlenc.
Pour aller à la rencontre des populations et collecter de l'information, outre les moyens traditionnels d'écriture et de prises de photos, des jeunes interviendront sous la forme théâtrale. " On a eu envie de se tourner vers une expression plus artistique qui permet à plus de personnes de s'investir. L'idée est d'avoir un regard un peu différent sur les gens et de pouvoir en témoigner. On pense que le théâtre va amener les enfants à s'interroger. " Ils rendront compte de leur périple dans un journal, rédigé à bord et destiné aux adhérents de l'association.
Le voyage des baleineaux peut aussi être suivi sur le site internet de l'association : " nous allons essayer de fournir plus d'informations et de le rendre plus vivant ". À bord de l'Iluna et du Salam, deux voiliers de 13,60 m et 13,70 m, le matériel informatique nécessaire est embarqué. Lors de la douzaine d'escales prévues, ils enverront des informations et liront le courrier électronique reçu.
Pour les parents, qui ne retrouveront leur progéniture que le 24 juin prochain, ce ne sera peut-être pas suffisant …

 

Aude : " c'est un rêve qui se réalise "

Après avoir réuni les quelques 120000 francs du coût du voyage, effectué un stage d'une semaine à Pâques en Bretagne et de deux semaines en montagne cet été, quinze jeunes sont désormais à bord des voiliers de la Baleine Blanche.
Aude a 15 ans ; elle vient d'Angers. " Ce voyage, c'est rêve pour mois depuis trois ans. Le rêve se réalise : partir en mer, pouvoir découvrir un maximum de choses et faire partager autour de moi ce qui existe. C'est aussi changer de la vie ordinaire, sortir du quotidien. " Un leitmotiv que l'on rencontre chez d'autres baleineaux. Comme chez Lucie 14 ans et demi, qui vient de Langrune-sur-mer près de Caen. " Je voulais changer mon quotidien, aller de l'avant. Le scolaire , c'est bien, mais c'est bien aussi de voir autres choses. J'ai vu un jour un reportage à la télé sur une autre association qui faisait ce type de voyage et j'ai tenté ma chance auprès de la Baleine Blanche. " Et Lucie a le pied marin : " je fais du bateau depuis l'âge de 7 ans ". C'est aussi le cas de Joseph, 14 ans qui vient de Tremargat en Bretagne. " Des amis m'ont parlé de cette association. Ça m'a plu. "
Pied marin, ce n'est pas le cas de tout le monde…
Florian, 15 ans, vient de Paris. Il connaît une ancienne de la Baleine Blanche. Pour Florianne, 15 ans qui vient de Sainte Foix l'Argentière, près de Lyon, ce voyage n'est pas tout à fait le premier : " j'ai déjà voyager avec mes parents, on est allé vivre avec les gens. C'est ça qui m'intéresse : rencontrer les gens. "
Unique
Ce n'est pas Pierre Marie, 14 ans, originaire de Briançon, qui a découvert ce périple. " On me l'a proposé. Au début, je ne savais pas ce que c'était. Mais partir neuf mois, sur un bateau, ça me convient car j'aime bien la mer, en plus avec des gens que je ne connaissais pas : c'est une occasion unique. "
La durée de ce séjour, neuf mois au total dont huit en mer, est difficilement appréciée par les uns et les autres : " ça semble long, mais c'est aussi très court. On espère que tout se passera bien pour en profiter au maximum ", explique Aude. Florianne a dû mal " à apprécier cette durée. Par rapport à une vie, neuf mois, ce n'est pas long. Et vu tout ce qu'on doit faire, ça devrait passer vite ". Joseph est moins convaincu : " neuf mois, ça fait un peu peur. "
Séverine, 15 ans, de Génas, Ambre, 15 ans, de Piriac sur mer, Gaëlle, 13 ans, de Talmont Saint Hilaire, Sabrina, 14 ans, de Cabestany, Sabrina, 16 ans de Saint Malo, Matthias, 13 ans, de Rennes, Fanny, 15 ans, de Mison, Laura, 14 ans, de Autry-Issards et Flavien, 14 ans du Poët Laval, complètent l'équipage.


Implantation à Martigues ?

Richard Carlenc confie que la direction de l'association " se pose la question d'une installation durable à Martigues. On a été très bien accueillis ici. Nos bureaux sont à Nantes, mais depuis quelques années toutes nos destinations nous amènent à partir de la Méditerranée pour des raisons de calendrier. D'un point de vue logistique, çà nous simplifierait les choses de partir d'ici ".

Emmanuelle Fabre

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