Valériane, 15 ans, vient de s'embarquer sur un voilier pour un voyage d'un an. Objectif: découvrir le monde. Problème: boucler son financement.
«PARMI LES THEMES ABORDÉS, C'EST LA CONDITION DES FEMMES QUI ME TOUCHE.»
La télévision a parfois du bon. Il y a huit ans, en regar dant la Cinquième, Valériane découvre La Fleur de Lampaul, un voilier qui permet à des jeunes de partir à la découverte d'autres cultures. Elle réussit à trouver les coordonnées de l'association qui gère ce bateau et la contacte. «A l'époque, j'étais trop petite, souligne la jeune fille. Et c'était malheureusement la dernière expérience de ce type. » Les années passent, l'envie d'appareiller reste. Un jour, miracle, une amie lui parle de l'association La Baleine blanche, qui emmène les enfants au bout du monde pour les sensibiliser à des problèmes internationaux et transmettre leur vision de la société.
Objectif reporter. Deux stages et une let tre de motivation plus tard, Valériane est sélectionnée pour participer à une expédition. Elle a aujourd'hui 15 ans, a renoncé à suivre sa seconde - elle s'y remettra à la rentrée prochaine - et est en train de voguer, à bord du Baghera, vers L'Egypte, le Soudan, la Libye, la Syrie... avec vingt autres ados et huit adultes accompagnateurs. Retour programmé le 26 juin 2005. Pendant ce voyage, elle tentera de « témoigner de ce qu'elle voit » - parfait quand, comme elle, on souhaite devenir reporter. « Tout au long du périple, nous produirons des reportages vidéo et fabriquerons un jour nal.» Les thèmes abordés pour cette vingtième expédi tion de la Baleine blanche sont nombreux : portraits, reportages sur les anciens, l'eau et la nature... « Person nellement, c'est la condition des femmes qui me touche. Leur situation est tellement différente selon les pays. Je vais apprendre énormément sur ce sujet. Et puis, je suis tellement ravie de découvrir ces endroits où je suis sûre de ne jamais retourner... » |
Avant la colocation. Valériane, dont le port d'attache se situe dans le 13 e et qui n'a jamais quitté l'Europe, tiendra- t-elle le coup ? La perspective de ne plus voir ses parents ou sa famille pendant presque une année ne la trouble pas outre mesure. « Je me sens autonome. Pendant cette période, je vais me faire des amis avec lesquels je vais débattre, partager mes opinions... C'est une bonne expérience avant la colocation ! », explique- t-elle en guise de clin d'oeil. Côté sécurité, elle ne craint pas non plus l'étude des oiseaux au Soudan : « Le bateau évitera les zones sensibles. Je redoute simplement l'en trée en Libye où nous allons devoir patienter sept heures à la frontière. » Ses autres angoisses ? Elles concernent plutôt le retour en classe « avec des gamins ». Et, également, les fonds qui lui manquent pour payer cette année à part - elle a jusqu'à la fin du voyage pour boucler son budget. « J'ai besoin de sponsors...» Car, à près de 18 000 € l'année, Valériane compte encore sur ses parents... et sur tous les mécènes qui l'aideront à aller au bout de son rêve. L'appel est lancé.
Marie Godfrain
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